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ETUDE HISTORIQUE ET STATISTIQUE sur le Canton de St SERNIN par M. Paul FOULQUIER LAVERGNE

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Etude historique et statistique sur le canton de St Sernin par M Paul Foulquier Lavergne
                Le plateau de Montfranc est situé sur un plateau très élevé entre la montagne de l'Ouradou et celles de Roquecézière. Il confine au département du Tarn ; il est traversé par l'ancien chemin de l'Albigeois au Languedoc, converti aujourd'hui en route départementale du Tarn. Sa fondation est contemporaine de la domination romaine ou peut-être postérieure , si mous nous en reportons à l'étymologie du nom ( Mons Francorum) à moins, ce qui n'est pas moins vraisemblable, qu'on entende par (franc) un terrain abandonné ou exempt de redevance et de charges quelconques, ce qui est exprimé dans l'idiome patois par (frantz), comme les fueros espagnols.
                Si l'on s'en rapporte à une tradition orale la montagne de Montfranc étais jadis couverte d'une épaisse forêt, au milieu de laquelle les voyageurs s'égaraient fréquemment, surtout dans la saison des frimas et des neiges, saison toujours rigoureuse à Montfranc à cause de sa grande altitude. Il  a peu d'années, on voyait à l'ouest du village, une chapelle entourée d'un cimetière ; on l'appelait St Léonard. On raconte que, dans les premiers siècles de notre ère, un couvent hospitalier existait dans ce lieu sauvage, et qu'à l'instar des religieux des Alpes, les moines qui l'habitaient se dévouaient au salut des voyageurs perdus dans les neiges ou dans les brouillards. Durant la saison de l'hiver, la cloche du couvent, constamment agitée pendant les nuits, projetait au loin des sons et ses tintements pour avertir les voyageurs et les convier à l'hospitalité du monastère. Il ne reste plus de vestige de cette maison, on ignore même l'époque de sa démolition. La chapelle seule, bâtie et rebâtie plusieurs fois, avait résisté jusqu'à ces derniers temps que nous l'avons vu démolir.
                Nous trouvons dans l'ouvrage de M. de Gaujal, tome II, page " &, le plus ancien titre historique qui s'applique à Montfranc. En 1147, Raimond Trencavel, vicomte de Béziers, possédait dans le territoire de Carme (entre Méjanes et Rétournas) juridiction de Montfranc, des dimes, des droits et des rentes (Archive de Bonnecombe).
                On lit dans le même analyste, tom. II, p.508 qu'en  1349 l'important baillage de Roquecézière comprenait dans sa circonscription 98 paroisses, au nombre desquelles on compte celle de Ste Marie de Montfranc.
                En 1573 les calvinistes s'emparèrent le 4 octobre, de Montfranc ou il tuèrent 35 soldats qui y tenaient garnison (Guerres de Castres).
On lit dans un registre in-4°, coté C 980 des archives départementales de Rodez, plusieurs reconnaissances de Montfranc en faveur du roi, reçues en 1668 par ME  Dupuy, juge royal de St Sernin et de Balaguier. - Confrontation du territoire - Terrains dits de Lartigue et de Carme, dont partie était exempte des prestations, par acte des 12 janvier 1281 et 10 avril 1282- Bois de la Griffoulade contenant 98 stérées - Four banal à propos duquel chaque habitant  est tenu, dès l'âge de 10 ans, de payer annuellement ou de servir deux boisseaux de seigle - Foires en mai et septembre. - Reconnaissance du masage de Puech Cayrel.
Avant 1790 Montfranc formait une petite communauté gouvernée par des consuls. Rien n'indique qu'aucun seigneur y ait résidé.
En 1800, Montfranc fut réuni à la mairie de Laval Roquecézière dont il fut détaché en 1816pour être réuni à la mairie de Pousthomy. Enfin en 1853, Montfranc a été érigé en mairie distincte. C'est une des plus petite commune du département, puis qu'elle ne compte que 204 habitants et une étendue territoriale de 668 hectares. Le village lui même n'est composé que de 25 feux.
                Sur la route de Montfranc à Lacaune, au dela du village de Boutouroul, on aperçoit un monticule qui porte la dénomination de Montfranc-le-Vieux. Une ancienne chronique rapporte que le village existant en ces lieux sous ce nom ayant été saccagé et brûlé, les habitants qui survécurent à ce désastre et à la ruine de leurs habitations, emportèrent leurs pénates et, comme les anciennes peuplades, allèrent chercher un autre lieu pour y reconstruire leurs maisons et leur village. Ils se fixèrent, ajoute la chronique, à l'endroit ou nous voyons aujourd'hui Montfranc, qui était alors un terrain neutre ou franc, peut-être une frontière à délimitations indéterminées et contestées. Une circonstance singulière vient corroborer cette chronique traditionnelle , c'est que le village de Nécoules, dans le canton de Belmont, voisin du vieux Montfranc, distant du nouveau de plus de trois lieues et séparé par la commune de Roquecézière edt par celle de Pousthomyqui sont intermédiaires entre l'ancien et le nouveau Montfranc, faisait partie, jusqu'en 1800 de la commune de Montfranc et figurait dans l'ancien cadastre de cette localité. 

Non loin du village de Montfranc et au Nord, sur la route d'Albi on trouve une croix isolée plantée à la bifurcation de deux chemins. Elle doit son érection à une circonstance curieuse et digne d'être racontée. L'emplacement de la croix formait la limite des trois diocèses de Vabres, d'Albi et de Castres, de telle sorte qu'elle est placée au sommet des trois angles qui y convergent. On rapporte que les trois évêques s'y rencontrèrent un jour sans sortir de leur diocèse respectif, et que, pour perpétuer le souvenir de leur rencontre fortuite ou projetée en ce lieu, ils ordonnèrent l'érection de la croix de pierre que nous y voyons aujourd'hui et qui porte la dénomination de croix trincade, en mémoire d'une réfection que les prélats durent y prendre.
Le climat est si rigoureux à Montfranc que les habitants sont obligés à émigrer pendant l'hiver et à se livrer à des industries qui les tiennent éloignés de leurs demeures. Ils se livrent tous au commerce des bestiaux et on les trouve constamment sur les routes de Béziers, de Montpellier et de Marseille dont ils alimentent les boucheries par l'approvisionnement incessant de moutons, de porcs, de bœufs, de vaches et de veaux. Ils achètent ce bétail dans l'Aveyron, dans le Tarn et jusques dans le Limousin.
On voyait jusqu'ici passer annuellement à Montfranc plus de 40 000 têtes de bétail dans la direction du bas Languedoc. Il n'en est plus de même aujourd'hui depuis qu'on embarque ces animaux dans les différentes gares des chemins de fer, à Albi St Affrique et ailleurs. Aussi les habitants deviennent-ils plus sédentaires, s'occupant d'agriculture et d'amendement de leurs terres par le chaulage.
Les productions de cette commune se réduisent au seigle, à l'avoine, au sarrasin et aux pommes de terre. Il n'y a dans son étendue ni vignes, ni châtaigneraies, ni arbres fruitiers.
On voit à Montfranc un remarquable massif d'arbres séculaires, essence de hêtres, qui dominent la montagne et abritent le village contre le vent du nord-ouest. On appelle ce bouquet d'arbres, qui disparaissent tous les jours la Mathe. C'est tout ce qui reste des vieilles forêts de Lartigue, de La Griffoulade et de Viril. 




LA CHAPELLE St LEONARD

Il est une petite chapelle, entourée de sapins dans la paroisse du Pourencas, et la commune du Masnau Massuguies, et jouxtant la commune de Montfranc.
Cette chapelle fait partie du patrimoine, elle était en très mauvais état.
M ; le curé, les maires du Masnau et de Montfranc désirèrent lui redonner une jeunesse.
Chose fut faite en juin 1996, les travaux commencèrent, toiture refaite, murs extérieurs et intérieurs crépis, dallage intérieur, avec un avancement à l'extérieur. La grande grille arrangée et repeinte ; le socle et la statue de St Léonard arrangé et peinte.
La somme totale s'élevait à 50 000 F. les paroisses ramassèrent 12 500 F payés grâce aux donateurs. La commune de Montfranc versait 12 500 F  et le reste la commune du Masnau.
Ce fut une belle réalisation qui enrichit notre patrimoine.

Texte écrit en 1996 par le Père Jean Sers curé de Montfranc et des paroisses environnantes.
HISTOIRE


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