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MONOGRAPHIE DE L'ECOLE DE MONTFRANC

 

1° LOCAUX SCOLAIRES


    a) Nature de l'école,
    Dès début l'école était mixte, plus tard elle devint spéciale aux garçons et est redevenue mixte en 1892.

    b) Date de la création.
    D'après les renseignements pris auprès des plus anciens, l'école aurait été créée en 1828 ou 1827.

    c) Locaux occupés depuis cette époque : description sommaire.
    Le premier local destiné à l'école appartenait au nommé Condamines Louis. Il était situé au nord du village. C'était une espèce de grange, qui ne recevait la lumière que par une lucarne. Les élèves étaient obligés de passer devant cette lucarne afin de pouvoir lire à tour de rôle. Le second local appartenait à Pasturel Louis,était situé au couchant du village. Il était un peu plus convenable que le premier mais aussi mal éclairé et très malsain. Le troisième était situé au milieu du village et aurait été assez convenable, si le propriétaire avait voulu faire les quelques réparations nécessaires, mais il en faisait aucune et il pleuvait presque comme dans la rue. Aussi les enfants lançaient-ils souvent des bateaux en papier dans la salle de classe, qui lorsqu'il pleuvait, était transformée en étang. Elle était aussi mal éclairée. Pendant l'hiver la moitié du temps on n'y voyait pas pour écrire. Enfin on put faire comprendre à la population combien il serait avantageux et nécessaire de construire un nouvelle école.

    d) Local actuel : plan de la maison ; description détaillée du local, du mobilier et du matériel scolaire.
    En mil huit cent quatre vingt cinq, le Conseil Municipal voulant donner droit à  la grande majorité des habitants de la commune qui demandaient la construction d'une école vota cette construction et demanda à M Crebassa, architecte à St Affrique de dresser les plans et devis. Le Conseil Municipal comprit que la petite commune de Montfranc, quoique n'ayant guère de ressources ne devait pas laisser passer cette époque ou le Gouvernement Républicain faisait tant de sacrifices pour développer l'instruction dans les endroits les plus reculés de notre belle France sans se mettre aussi sur les rangs pour obtenir une subvention qui lui permettrait au moyen d'un emprunt remboursable en trente années de construire une école au chef-lieu de la commune. La commune n'ayant pas assez d'habitants pour avoir droit à une institutrice, il fut décidé de construire une école assez vaste pour recevoir garçons et filles, ces dernières étant privées de toute instruction.
    Malheureusement un homme ne voulait pas de cette construction. C'était M le maire et il laissa les plans, devis en un mot le dossier dans ses bureaux au lieu de l'adresser au ministère pour en obtenir l'approbation et en  même temps la subvention demandée. En 1988 il se forma deux listes pour le Conseil Municipal ;l'une qui avait à sa tête le maire et qui ne voulait pas de construction, l'autre formée par l'adjoint et partisante de la construction.
    Cette dernière fut élue à une forte majorité. Le nouveau Conseil Municipal se mit de suite à l'œuvre et pria M le Maire de vouloir bien adresser immédiatement à M le Ministre qui l'approuva en accordant une subvention de dix mille francs sur treize mille cinq cent francs que devait coûter la nouvelle école. La nouvelle école fut terminée en 1890 et le premier octobre de cette année l'instituteur en prit possession. La population reconnaissante à toujours réélu le Conseil Municipal à presque l'unanimité.               
    Le corps du bâtiment est composé de deux parties ; la première correspond aux écoles et aux appartements au dessus ; la deuxième correspond à l'emplacement de l'escalier avec un appartement au 1er étage. On accède à cet étage au moyen d'un escalier placé dans ce deuxième corps de bâtiment, en dessous de l'escalier principal se trouve l'escalier de la cave. Arrivé au premier étage les appartements se trouvent sur le même palier communicant par des portes laissées dans les cloisons, on arrive au galetas par un échelle de meunier. La salle est plutôt grande que petite, elle a 40m2 de surface, la hauteur a été réduite à 3,5o m à cause des grands froids qui règnent a cette hauteurs. L'emplacement choisi est le plus près du village mettant cependant l'école à la distance voulue du cimetière et à l'endroit le plus abrité sur le bord du chemin vicinal allant à Laval Roquecezière. Il y a deux cours, l'une au midi pour les filles, l'autre au nord pour les garçons. Les lieux d'aisance ont été placé d'une manière visible de la salle de classe et peuvent être surveillés sans dérangement. La toiture à été projetée, très inclinée à cause des neiges qui durent longtemps dans ce pays qui est à l'altitude de près de neuf cent mètres ou il fait froid ; c'est ce motif qui a fait exclure pour le bâtiment la toiture en tuiles de Marseille qui laisse beaucoup plus pénétrer le froid que la toiture en ardoises sur volige. Le mobilier et le matériel scolaire sont en très mauvais état et auraient besoin d'être remplacés. Le Conseil Municipal étant très bien disposé pour encourager l'instruction le fera remplacer aussitôt que la commune aura des fonds.

    e) A qui appartient le maison ?
    A la commune.

    f) Si elle appartient à la commune combien a-t-elle coûté ?
    Elle a coûté treize mille cinq cent francs


  2°  MAITRES

    a) Maîtres ou maîtresses qui se sont succédés à l'école.
    Les maîtres qui se sont succédés à l'école sont : M Bardy André, M Costes Georges, M Pujol  André, M Cambon Pierre, M Levignac Louis, M Viala Jean, M Raynal Pierre, M Joulia Philippe et Canac Céleste.

    b) Leurs titres, leur mode de nomination, leur traitement, leurs fonction accessoires.
    Les trois premiers n'avaient aucun titre et étaient choisis par les pères de famille. Ils n'avaient pour traitement  que la rétribution payée par les parents. Ils ne faisaient l'école que pendant l'hiver et l'été ils aidaient les propriétaires dans la culture des champs. Les autres étaient nommés par M le Préfet, avaient pour traitement deux cent francs de la commune et la rétribution scolaire. Ils avaient tous le brevet simple. M Joulia a été au traitement de 900 francs et Canac Céleste qui y est depuis trois ans au traitement de 1200 francs.

    c) matières qu'ils ont enseignés aux différentes époques.
  Jusqu'en 1880 on n'a guère enseigné que la lecture, l'écriture le calcul, l'histoire Sainte et le catéchisme. Depuis 1880 on a enseigné à peu près toutes les matières du programme.


3° ELEVES

a) La fréquentation aux différentes époques. Cause de ces variations.
La fréquentation a été à peu près toujours la même. Les habitants élevant beaucoup de bestiaux dans la commune, les enfants n'ont jamais guère fréquenté l'école que pendant l'hiver, l'été étant employé à la garde des bestiaux.

  b) Résultats comparés de l'enseignement.
  Depuis 1880 en suivant les nouveaux programmes, on a obtenu beaucoup plus de résultats qu'avant.

  c) Certificats obtenus dans l'école.
  Ont obtenus deux certificats d'études dans l'école M Pasturel Louis qui est aujourd'hui sergent et M Soulié Albert.

d) que sont devenus les élèves pourvus de ce certificat ? donnez leur profession.
    M Pasturel Louis est entré dans le commerce de bestiaux, actuellement il fait son service militaire et est sergent-major. M Soulié Albert est entré à l'école nationale des Arts et Métiers d'Aix, et en est sorti breveté et s'est engagé à dix-huit ans dans la flotte nationale ou il est aujourd'hui 2° maître mécanicien.


e) Résultats obtenus dans d'autres enseignements.
    Les élèves de l'école qui ont obtenus des résultats dans d'autres enseignements sont : M Benezeth Emile qui est entré à l'école des Arts et Métiers d'Aix et qui est aujourd'hui ingénieur civil, M Maillé Adrien instituteur à St Maurice d'Orient a obtenu son brevet, M Bousquet Denis ancien instituteur à Montfranc et du Cayla commune de Martrin et ensuite agent cantonal a obtenu son brevet simple, M Bousquet Louis instituteur à St Sever a eu son brevet simple. M Benezeth Louis est entrè à l'école des Arts et Métiers d'Aix, en est sorti il y a quatre ans médaillé et est entré dans l'industrie privée comme dessinateur. M Soulié François est entré à l'école nationale des Arts et Métiers d'Aix ou il est encore.
    Ces divers élèves n'ont pas obtenus ces divers titres en sortant directement de l'école de Montfranc. Ils ont été tous passer quelque années dans d'autres établissements.


Fait à Montfranc le 9 avril 1899

Signé l'instituteur CANAC



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